Amiens : Après une agression dans un commissariat, le suspect a été jugé « dépressif »

FAITS DIVERS L’attaque au couteau envers un policier était un geste « non radicalisé », selon le procureur d’Amiens

20 Minutes avec AFP

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Illustration police à Lyon.
Illustration police à Lyon. — E. Frisullo / 20 Minutes

Il a été jugé « dépressif ». Un homme suspecté d'agression au couteau, mercredi, dans un commissariat à Amiens a été déféré, vendredi, devant le parquet, a annoncé le procureur de la République qui a souligné le caractère « non radicalisé » de son geste.

« Le parquet n’ouvre pas d’information judiciaire à l’encontre du mis en cause qui est poursuivi par la voie de la comparution à délai différé », a indiqué lors d’une conférence de presse Alexandre de Bosschère, précisant avoir requis son placement en détention provisoire avant l’audience, prévue le 10 février.

Suivi par un psychologue

Le mis en cause, un Algérien de 44 ans arrivé en France en 2005 avec un visa long séjour étudiant, avait fait l’objet de trois obligations de quitter le territoire français mais était inconnu des services de police.

Découvert en possession d’un médicament anxiolytique, il a été décrit par son entourage comme dépressif et était suivi par un psychologue.

Lors de sa garde à vue, « il a expliqué qu’il se sentait désespéré, en raison notamment de sa solitude et de l’éloignement de sa famille qui vit en Algérie et qu’il voulait mettre fin à ses jours », a rapporté le procureur. « Il aurait alors décidé de s’attaquer à un commissariat pour contraindre les policiers à lui tirer dessus. »

Aucun acte de délinquance auparavant

L’auteur, qui portait un couteau de vaisselle à bout rond, a également contesté toute dimension religieuse ou fanatique à son geste. « Aucun élément allant dans le sens d’une quelconque radicalisation n’a été découvert dans son logement et sur son téléphone ou révélé par les témoins », a-t-il affirmé.

Il vivait à Amiens depuis plusieurs années et bénéficiait d’un accompagnement social et d’un hébergement en foyer. « Il ne s’était jusqu’à présent signalé par aucun acte de délinquance ».

A l’issue de l’enquête, le parquet d’Amiens a décidé de retirer l’intention d'homicide. La qualification pénale retenue est violences avec arme, avec préméditation, sur personne dépositaire de l’autorité publique, un délit puni de sept ans d’emprisonnement.