Nice : Critiqué sur ses embauches de conseillers, Estrosi revendique de « s’entourer des meilleurs »

ENTOURAGE Un rapport de la cour régionale des comptes critique un recours jugé abusif aux conseillers venus des hautes sphères de la fonction publique

20 Minutes avec AFP

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Le maire de Nice, Christian Estrosi.
Le maire de Nice, Christian Estrosi. — LAURENT VU/SIPA

Le maire de Nice Christian Estrosi a défendu vendredi le droit de s’entourer des « meilleurs » en réponse aux critiques de l’opposition et de la chambre régionale des comptes sur le « recours abusif » pour la métropole à des conseillers issus des hautes sphères de l’Etat. « Je ne m’excuserai pas, j’assume », a déclaré Christian Estrosi lors d’un débat en conseil métropolitain consacré au rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la métropole Nice Côte d’Azur depuis sa création en 2012.

Le rapport, révélé mercredi soir par Mediapart, relève « des pratiques irrégulières dans le domaine de la gestion des ressources humaines parmi lesquelles le recours abusif à des contrats de vacataires ou le versement d’indemnités accessoires non fondées juridiquement », mais ne cite pas nommément les collaborateurs en question. Dans ce rapport, la chambre a aussi salué l'« évolution maîtrisée des charges de personnel » tout en soulignant que « la mise en commun de services entre la métropole et la ville de Nice n’a pas conduit à une baisse des effectifs ».

L’ancien conseiller com de Sarkozy, Franck Louvrier, dans le viseur

Même si aucun nom n’est cité dans le rapport, le nom de l’ex-conseiller en communication du président Nicolas Sarkozy, aujourd’hui maire LR de La Baule, Franck Louvrier est toutefois revenu à plusieurs reprises en séance. Il a notamment travaillé pour la métropole et Christian Estrosi à la Maison de la métropole à Paris à partir de mai 2018, comme chargé de mission puis comme directeur de la communication et des relations institutionnelles. Il devait rédiger des notes, préparer des réunions, etc. Payé avec un grade d’administrateur hors classe, ce poste de chargé de mission contractuel a pris fin en septembre.

La chambre, qui déplore à son égard « des déclarations de vacance d’emploi purement formelles », estime au passage que l’activité et l’impact de la maison de la métropole à Paris ne sont « que difficilement mesurables et pas retracés » malgré un coût annuel de 500.000 euros. Le rapport pointe aussi le cas d’un juge, un « magistrat important » selon Christian Estrosi, recruté quand il a pris sa retraite, et celui d’un ancien préfet que Christian Estrosi avait embauché comme directeur général des services à la mairie et conservé comme « conseiller en recherches et développement vacataire » quand il a fait valoir ses droits à la retraite.

La métropole va porter plainte contre Mediapart

Pour le premier, la chambre note qu’il percevait de 4.508 à 5.940 euros par mois pour 45 à 72 heures de travail et qu'« il est impossible de s’assurer que celui-ci a accompli une tâche précise, ponctuelle et limitée à l’exécution d’actes déterminés ». Il a indiqué à Mediapart avoir mis un terme à son activité après l’audit de la CRC. Pour le second, la Chambre déplore n’avoir « aucun détail sur la nature des prestations et actes qui donnent lieu au paiement des vacations », malgré « de nombreux déplacements en France et à l’étranger dans le cadre de ses fonctions », payées 5.413 euros bruts pour 71 à 72 heures par mois entre novembre 2017 et juin 2019.

La métropole a par ailleurs annoncé vouloir porter plainte contre Mediapart pour diffamation et contre X pour divulgation du rapport avant la séance.