Rave party à Lieuron : « C’était une fête pas le djihad », se défend l’un des mis en cause

FETE La veille du Nouvel An, 2.400 personnes ont participé à une teuf géante à Lieuron, commune d’Ille-et-Vilaine

C.A. avec AFP

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Des gendarmes évacuent les participants de la rave party du Nouvel an à Lieuron, en Ille-et-Vilaine.
Des gendarmes évacuent les participants de la rave party du Nouvel an à Lieuron, en Ille-et-Vilaine. — AFP

Ils dénoncent « un coup médiatique » et « une justice expéditive ». Soupçonnées d’être les organisateurs de la rave party de Lieuron, au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine), les quatre personnes mises en examen tentent de se défendre. Accompagnés de leurs avocats, ils ont accepté de s’exprimer auprès de l’AFP alors qu’ils sont visés par une enquête conduite par deux juges d’instruction. La justice les soupçonne d'avoir participé à l'organisation de la teuf qui avait réuni 2.400 personnes la veille du Nouvel An. Plusieurs rassemblements de soutien sont annoncés ce samedi dans plusieurs villes françaises.

« C’était une fête pas le djihad », dénonce Victor Lacroix, 31 ans, qui a participé à la teuf. Le jeune homme y serait allé avec des amis et « sept litres de punch ». « Il n’y avait pas tant de danger que ça. Plein de potes se sont fait tester : on est tous négatifs au Covid ». L’homme est connu du milieu de la free party pour avoir été le président de Média’son. Son association avait organisé plusieurs rassemblements après la mort de Steve Maia Caniço, dans une soirée techno lors de la Fête de la musique 2019 à Nantes, marquée par une intervention controversée de la police.

« On va tous être relaxés »

Il a été interpellé au volant de son camion alors qu’il se rendait chez ses parents, près de Tours, et a passé 42 heures en garde à vue. « Je leur ai demandé plein de fois : qu’est-ce que vous avez contre moi ? Jamais ils n’ont pu répondre. C’est juste un coup médiatique. On va tous être relaxés », avance-t-il.

Son avocate Marianne Rostan s’étonne ainsi qu’on met « beaucoup de moyens », notamment deux juges d’instruction, pour une rave party « alors que d’autres affaires le mériteraient plus », en référence justement à l'affaire Steve.

Contacté, le procureur de Rennes Philippe Astruc souligne que « trois juges indépendants » ont « validé l’analyse du parquet s’agissant tant des mises en examen, que du placement en détention provisoire ». « Aucun appel de ces décisions n’est intervenu pour l’heure », avance-t-il en outre. L’avocat du jeune homme placé en détention provisoire fera bientôt une demande de remise en liberté.

Le « vide intersidéral » du dossier

Romain, 25 ans, est l’un des autres hommes mis en examen dans cette affaire. Lui a reconnu avoir aidé les organisateurs le soir de la teuf. «Il a pu donner un coup de main pour garer des voitures sur le parking », admet son avocat Me Paul Sichan. Mais ces « éléments d’auto-incrimination dont on tronque complètement l’envergure » sont « symptomatiques du vide intersidéral » du dossier, dit-il.

Dans les free parties, la frontière est souvent « poreuse entre le public et les organisateurs », dit une source proche de ces milieux. « A partir du moment où tu as une compétence, on va te laisser faire ».